Adolescence et diabète : impact psychologique ?

  • Post published:26 février 2025
  • Post category:TOUT
  • Reading time:5 mins read
Temps de lecture : 4 minutes

Tout le monde le sait, l’adolescence n’est pas une période facile et encore moins lorsque l’on est atteint de diabète.
Connue pour être un âge critique dans la vie d’un individu, l’adolescence est un moment clé dans la constitution de l’estime de soi.
Des études montrent que depuis les années 80, les adolescents diabétiques ne se considèrent plus comme des individus mais comme des personnes malades et se définissent principalement comme diabétiques.

La charge mentale

L’adolescence est réputée pour être une phase d’expérimentations et le début de l’indépendance. Cela passe souvent par des sorties entre amis entre autres. Mais lorsqu’à cette adolescence s’ajoute un diabète de type 1 (DT1) les préoccupations ne sont pas les mêmes. Tandis que la plupart des jeunes pensent simplement à s’amuser ou enfreindre les règles posées par les adultes, les jeunes DT1 doivent prendre en compte dans leurs sorties toute la gestion de la maladie. Il est essentiel de ne pas prendre à légère la charge mentale liée à ce qu’on peut considérer comme une véritable intendance, très lourde pour un adolescent ou toute autre personne atteinte de la maladie. Avoir constamment son matériel et son traitement sur soi (pompe à insuline ou stylo à insuline, lecteur de glycémie), avoir de quoi pouvoir « se resucrer » en cas d’hypoglycémie, faire en sorte de tenir son insuline au frais lors de déplacements sont seulement quelques exemples de ce qu’implique la maladie.
La pathologie peut également être un frein à la vie sociale. En effet, les injections au stylo pour les personnes n’ayant pas de pompes à insuline doivent être quotidiennes à heure fixe et à chaque repas, ne pouvant pas être décalées sous peine de risquer de faire une très grosse hyperglycémie et se mettre en danger. Le jeune diabétique doit donc forcément prendre en compte cette donnée avant de sortir ou d’aller dormir chez quelqu’un et cela exclut toute improvisation et spontanéité propres à l’adolescence.

Troubles du comportement alimentaire (TCA), syndrome dépressif et diabète

Le diabète peut constituer un réel facteur de risque dans l’apparition de troubles psychologiques.
Avant de continuer il est important de retenir que l’équilibre du diabète est intrinsèquement lié à la santé mentale du jeune. Plus le jeune se sentira mal, plus cela se répercutera sur la gestion de son DT1.
Dès lors que l’équilibre du diabète est en péril, les raisons psychologiques pouvant en être la cause sont recherchées. Il peut notamment arriver que l’adolescent se laisse déborder par ses émotions et ses états d’âme en multipliant les conduites à risques ou en laissant de côté le suivi de sa maladie.


L’insuline peut notamment être utilisée à mauvais escient. Certains adolescents peuvent s’en servir de « drogue ».  Effectivement, l’insuline ayant un caractère psychotrope, elle est employée abusivement par certains afin de se procurer des sensations fortes et de flottement provoquées par l’hypoglycémie. Il est important d’y être attentif car des troubles addictifs peuvent apparaître chez certains adolescents.

Plus grave, certains adolescents peuvent utiliser l’insuline comme moyen d’autolyse. Soit en
s’injectant une très grosse dose d’insuline provoquant ainsi une importante hypoglycémie, soit tout au contraire en ne s’injectant aucune dose entraînant ainsi une acidocétose pouvant être mortelle

En ce qui concerne les TCA, il est clair que les personnes atteintes de diabète sont sensibilisées dès le diagnostic, à s’astreindre à une alimentation le plus équilibrée possible. Il est important ici de prendre en compte qu’il y a quelques années l’insulinothérapie fonctionnelle c’est-à-dire l’adaptation des doses d’insuline à l’alimentation grâce au comptage des glucides n’existait pas. 

Aujourd’hui c’est le traitement qui s’adapte au patient et à son mode de vie et non le contraire. Pendant de nombreuses décennies, la personne diabétique devait se conformer à des « menus type » qui comportaient multitude de restrictions. Au sein d’une population d’adolescents DT1, 10% d’entre eux répondent au critère du DSM-IV contre 4% d’adolescents non diabétiques. Nous pouvons même remarquer que le comportement des DT1 est semblable à celui des anorexiques qui comptent constamment « ce qui rentre » et « ce qui sort » afin de gérer au mieux l’injection d’insuline. Pour finir, les frustrations que le diabétique rencontre sur le plan de son alimentation est un facteur de risque de l’hyperphagie. Celle-ci pouvant notamment apparaître lors d’hypoglycémies pendant lesquelles le diabétique se retrouverait à manger en très grande quantité.

 

Pour conclure, il est important d’être vigilant à tout changement dans le comportement du jeune diabétique afin de pouvoir intervenir le plus rapidement possible et lui apporter l’aide adéquate. Il faut garder à l’esprit que maintenir un bien-être sur le plan psychologique est essentiel et peut non seulement favoriser la maîtrise de l’équilibre de la glycémie mais aussi l’observance du traitement.

Célia Gregoire.

Laisser un commentaire