Cultiver son potager pour manger sain, ultra-frais et pas cher

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Au XXIème siècle, le potager ne se fait plus comme les siècles précédents. En effet, de nouveaux défis apparaissent : le dérèglement climatique amène des restrictions d’eau sans précédent, l’effondrement de la biodiversité entraîne une chute des insectes pollinisateurs et l’accès à une alimentation saine devient de plus en plus compliquée et onéreuse. Également, depuis plusieurs décennies, la transmission des savoirs autour de la culture du potager s’est perdue, créant des générations qui ne savent plus reconnaître une betterave et encore moins produire ce qui les nourrit. Pour faire face à ces nouveaux défis, la solution se trouve en étudiant la nature.

Cultiver son potager - THE MAG' MAGAZINE

L'art de cultiver inspiré par la nature

La nature a créé un système biologique, suite à des milliards d’années de sélection naturelle adoptée par l’évolution. Pour repenser le potager, la démarche consiste à privilégier les choix éprouvés par la nature. L’observation d’une forêt permet de comprendre quelques grands principes. Tout d’abord, différentes espèces de plantes coexistent en parfaite harmonie : des arbres majestueux, des arbustes, des plantes herbacées, des grimpantes et des rampantes. Par ailleurs, le sol est toujours couvert, soit par des plantes vivantes, soit par un épais tapis de feuilles mortes. La terre est vierge de tout labour, préservée des perturbations induites par les outils agricoles. La terre est légère, souple, d’une couleur noire profonde, embaumant l’odeur des champignons. Elle grouille de vie, abritant une multitude d’insectes, de vers de terre et d’autres arthropodes. Enfin, en regardant autour de soi, c’est un ballet incessant de vie : une mésange s’envole, un lézard se faufile, un hérisson se promène, un bourdon bourdonne.

La permaculture : emprunter les voies de la nature

Si l’on transpose ces grands principes naturels au sein du potager pour tirer parti de tout ce que la nature peut nous offrir, on obtient ce concept de plus en plus (re)connu : la permaculture. Cela implique d’associer judicieusement différentes cultures pour qu’elles s’entraident. Par exemple, l’échalote et le basilic repoussent les parasites des tomates, tandis que la capucine offre un refuge aux coccinelles, précieuses alliées contre les insectes nuisibles. Les haricots grimpants peuvent grimper sur les tiges de maïs solides. De plus, il s’agit de maintenir constamment le sol recouvert d’herbe tondue, de paille et de feuilles mortes pour le protéger des intempéries et maintenir son équilibre. En enrichissant le sol avec du compost, nous créons un substrat riche en carbone qui retient efficacement l’eau. La vie du sol est stimulée par l’apport de matières organiques fraîches, comme la tonte de gazon, le fumier et la paille, ce qui nourrit les vers de terre et préserve la structure du sol. Encourager la biodiversité est également essentiel. Planter des fleurs mellifères attire les abeilles, assurant une pollinisation efficace de vos légumes. Laisser certaines zones du jardin intactes offre un refuge aux syrphes, ces précieux prédateurs des pucerons sur vos plants de pommes de terre. En adoptant ces méthodes naturelles, un écosystème se recrée, permettant de récolter des légumes sains et savoureux, tout en profitant du plaisir de mettre les mains dans la terre.

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Le potager en permaculture pour manger sain, ultra-frais et pas cher

En utilisant les principes de la permaculture, on arrive à produire beaucoup sur une petite surface, en utilisant extrêmement peu d’eau. On arrive à réduire de 80% la consommation d’eau au potager en cumulant différentes solutions telles que le paillage, l’ombrage, les bonnes associations de plantes, l’utilisation d’oyas, etc. Grâce au potager durable, les aliments sont frais, gorgés de nutriments, sans pesticides ni produits chimiques nocifs. C’est aussi une bonne méthode pour réduire la facture puisqu’en permaculture, il est conseillé d’utiliser les ressources se trouvant autour de soi (pailler avec la tonte de gazon, produire son propre compost, produire ses semences, bouturer, produire ses propres fertilisants et répulsifs à insectes naturels), et c’est sans compter sur la réduction drastique de la consommation d’eau.

Alors, rendez-vous au potager. Il est temps de semer !

Philippe LAPRESLE
Co-fondateur de Piénu
www.pienu.fr
Instagram : @pienu_potager
philippe@pienu.fr 
0767402570


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