« Termine ton assiette », « non, on ne jette pas » …on a tous entendu ces phrases lors de repas…mais ces dernières n’ont semble-t-il pas suffit à éviter un phénomène aux conséquences dramatiques : le gaspillage alimentaire. En France, chaque année près de 20% de la nourriture produite finit à la poubelle. Cela représente 150 kg de nourriture par personne et par an, gaspillés tout au long de la chaîne alimentaire depuis le producteur jusqu’au consommateur.
Aussi, afin de sensibiliser le public à un problème mondial majeur et qui a des conséquences environnementales, économiques et sociales significatives, une journée lui est consacrée le 29 octobre : la journée de lutte contre le gaspillage alimentaire.
Revenons sur des points clefs du gaspillage alimentaire pour mieux comprendre ses enjeux.
Quelles sont les causes du gaspillage alimentaire ?
On peut citer en premier, la surproduction : les agriculteurs produisent parfois plus de nourriture que nécessaire. Accords commerciaux revus à la baisse, changements de tendances auprès des consommateurs, incertitude sur le rendement, aléas climatiques, il est difficile pour les agriculteurs de mettre le curseur au bon niveau pour ne pas être pénalisé par la suite.
La deuxième cause de gaspillage se retrouve dans le réseau de distribution. Une fois produits, les aliments sont perdus pendant la chaîne de distribution et le stockage : écartés par les revendeurs car jugés inaptes à être présentés sur les linéaires des supermarchés, ces stocks sont détruits. C’est le cas par exemple avec les fruits et légumes : ceux qui ne correspondent pas à la norme, au calibre établit, sont écartés. Lors du transport, enfin, certains aliments peuvent également pourrir ou s’abîmer et ainsi être impropres à la vente. Autant de causes de gaspillages que de pistes à explorer pour adopter une démarche plus responsable.
Enfin, le comportement des consommateurs est un levier non négligeable : consommation excessive (ils achètent plus que ce qu’ils peuvent consommer), non responsable (les aliments sont jetés avant même d’atteindre leur date limite de consommation, peu de connaissances sur les règles de dates de péremption). C’est toute une rééducation à entreprendre face à des consommateurs qui vont un peu trop vite quand il s’agit de consommer.
Des conséquences importantes
On peut, tout d’abord, citer l’impact environnemental : le gaspillage alimentaire contribue aux émissions de gaz à effet de serre et à la dégradation des ressources naturelles. Ce dernier est d’ailleurs responsable du rejet de 3,3 gigatonnes de gaz à effet de serre par an. C’est le 3ème plus grand pollueur du monde après les Etats-Unis et la Chine….comment ne pas être sensible à ces données quand on connaît l’urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons ?
Ensuite, on peut parler également la perte économique : les familles, les entreprises et les pays perdent beaucoup d’argent en gaspillant de la nourriture. Ce sont des budgets colossaux qui pourraient être réaffectés à d’autres usages. En France, les pertes et gaspillages alimentaires représentent 10 millions de tonnes de produits par an, soit une valeur commerciale estimée à 16 milliards d’euros…un véritable gouffre…
Enfin, on ne peut pas oublier les questions éthiques : jeter de la nourriture comestible soulève des questions morales sur la distribution équitable des ressources. À l’échelle planétaire, 1/3 des aliments destinés à la consommation humaine est gaspillée. Et dans le même temps, 1 milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim ou de la malnutrition…
Comment lutter contre le gaspillage alimentaire ?
Quelques pistes de réflexion s’offrent à nous. Tout d’abord, la sensibilisation a un rôle important à jouer : éduquer les gens sur le gaspillage alimentaire et ses conséquences. Une éducation qui démarre dès le plus jeune âge, dans les écoles, et qui doit se poursuivre à la maison. Il s’agit surtout de règles de bon sens et de bonnes pratiques à mettre en place : planifier les repas, ne pas faire les courses le ventre vide, faire des listes en vérifiant le contenu de ses placards…Les familles peuvent également déposer des aliments dans des frigos solidaires qui se trouvent dans le commerce. Une bonne idée pour palier le gaspillage et aider les plus démunis à se nourrir car leur accès est gratuit et anonyme.
L’engagement politique est également de mise : de nombreux gouvernements, organisations non gouvernementales et entreprises travaillent à réduire le gaspillage alimentaire en mettant en place des politiques, des campagnes et des programmes visant à sensibiliser et à lutter contre ce problème. Pour ne citer que quelques exemples, depuis la loi du 1er juillet 2021, les restaurants doivent proposer à leurs clients des boîtes pour emporter les restes à la maison. Depuis 2016, une loi oblige les grandes surfaces à donner aussi à des associations les produits qu’elles n’ont pas vendus.
On l’aura compris, la réduction du gaspillage alimentaire est essentielle pour atténuer les effets du changement climatique, lutter contre la faim dans le monde et préserver les ressources naturelles.
C’est un défi mondial qui nécessite la participation de tous les acteurs, des consommateurs aux producteurs, pour être résolu de manière efficace. Le 29 octobre, n’est qu’une journée de sensibilisation…la lutte contre de le gaspillage alimentaire doit devenir un combat du quotidien !
La rédaction THE MAG’
